La Boutique sans argent, enfin!

Depuis que j’en ai entendu parler cet été, je me dis que je dois passer au Siga-siga. Et me voilà enfin gare de Reuilly, dans le local de la maison des associations du XIIè.

Le Siga-siga, c’est un coin de hall, derrière une rangée hétéroclite de cintres portant des vêtements usagés. On fait le tour pour être accueilli par une curieuse table en matériaux de récupération coupée au milieu par une rangée de plantes vertes, et par le sourire avenant de la directrice, Deborah Fischkandl, qui accepte de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions.

A la Boutique sans argent

Siga-siga, c’est « doucement, doucement » en grec. Doucement, c’est la manière dont l’association envisage le rapport à l’usage des biens matériels. Venir, regarder, toucher, retourner, reposer, hésiter, recommencer. Et repartir avec un objet qui a appartenu à quelqu’un avant vous, qui a une histoire et qui n’est pas là par hasard, ne serait-ce que parce que quelqu’un est venu, parfois de loin pour s’en défaire et repartir (ou non) avec autre chose.

A la Boutique sans argent, toujours

Au Siga-siga, on vient avant tout échanger. On n’a pas forcément apporté quelque chose, mais on peut repartir avec un objet. Donner, prendre, manipuler, replier, recintrer le chemisier qu’on ne prendra finalement pas, c’est être acteur, c’est collaborer à un circuit d’échange. Certains reviennent même rendre, parce que finalement, ce n’est pas ce dont ils avaient besoin. Allez jeter un objet qu’on vous a donné! Moi, je n’ai rien apporté. Je peux repartir avec quelque chose? « J’espère bien! », s’indigne joyeusement Deborah Fischkandl en triant les derniers vêtements déposés.

Vieux vêtements

Mais qui vient ici? Eh bien, qui veut! La Boutique sans argent ne s’adresse à aucun public particulier et ne cherche pas à recenser ses visiteurs en dehors des contacts humains de pure convivialité. Créé seulement il y a trois mois, le Siga-siga est déjà débordé par les dons et a dû à certains moments arrêter d’en accepter. Les gens viennent de partout. De Paris, surtout, mais aussi de banlieue (j’ai rencontré une dame qui venait des Yvelines). Il arrive que les visiteurs soient des provinciaux venus passer un week-end à Paris, et même des touristes, d’Europe et d’ailleurs. L’association est en effet débordée par son succès. On a parlé du Siga-siga dans les grands journaux nationaux, mais aussi dans la presse espagnole et italienne.

Débordée, mais pas surprise. La Boutique sans argent, une association fondée en 2013, n’a jamais douté de son succès, tant ses fondateurs étaient persuadés de la nécessité d’une autre circulation et d’une autre temporalité de l’usage des objets.

Et qu’est-ce qu’on trouve au Siga-siga? Eh bien, de tout. J’ai vu une dame repartir avec une gamelle en plastique dans laquelle elle a placé des petites boules vertes en osier. Un chat heureux en perspective! A part ça, on trouve des vêtements, des chaussures, des livres, des petits branchements électriques, des vieilles cassettes vidéo, des DVD, une tasse à saké, des jouets, une vieille photo et même des graines à semer. Il n’y a qu’à se laisser tenter!

Vierge à l'enfant

Et moi, qu’est-ce que j’ai pris? J’ai hésité devant une médaille de vierge à l’enfant sur un support en velours bleu et puis… les objets en général, c’est pas mon truc. C’est sûr, je reviendrai. Avec un sac (pas plus, c’est la consigne) d’objets à déposer, pas d’électronique, pas d’électroménager. Et je finirai bien par craquer pour quelque chose!

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