Apprendre à faire, mais comment?

Par Nada

Il y a différentes façons d’apprendre à faire les choses qui nous intéressent. Pour les apprentissages non-scolaires, les livres, mais surtout le Web, prennent de plus en plus d’importance dans la transmission des savoir-faire.  Mais on n’apprend pas les mêmes choses, et pas de la même façon, quand on utilise un livre de recettes (de cuisine ou de jardinage) ou un tutoriel et quand les savoir-faire se transmettent de la main à la main.

On apprend plus librement avec un tuto?

Dans un cas, on apprend plus librement: on choisit son livre, son tutoriel, ce qu’on veut apprendre. Quand on apprend avec quelqu’un, on reçoit ce que l’autre veut bien nous livrer. On le suit dans les directions qu’il a envie de prendre. On est plus passif, moins libre. Dans les deux cas, l’apprentissage est une aventure, mais dans un cas, on est soi-même le héros et dans l’autre, on se laisse davantage porter.

Dans les tuto, dans les recettes, des savoir plus formatés.

Dans un tutoriel ou dans un livre, l’apprentissage est relativement formaté. Les livres et les tutoriels qui marchent (ceux qui arrivent sur les rayons des librairies ou sur les premières pages de résultats Google) sont ceux qui répondent à certaines attentes (du public, des éditeurs, des robots Google). Il s’agit donc de contenus « élus » parmi d’autres, pour le professionnalisme de leur auteur. Quand on apprend avec quelqu’un, qui peut-être n’importe qui, la sélection se fait surtout par le hasard de la rencontre et de notre envie d’apprendre avec cette personne.

Pas les mêmes interactions.

Avec un tutoriel, on est tout seul. Pas d’interaction possible (en dehors, principalement, des interactions, relativement limitées, des réseaux sociaux). Quand on apprend avec quelqu’un, l’apprentissage est davantage un dialogue entre des sensibilités différentes.

Dans un cas, des individus hyper-autonomes, qui font leurs choix et se construisent librement. Dans l’autre, une transmission plus enracinée dans la tradition, peut-être aussi dans des modèles figés qui laissent moins de place au moi et à la créativité.

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Ranveig/Wikimedia [CC BY 2.0] (remixed)

Pas les mêmes savoirs.

Moi, c’est avec ma mère et ma grand-mère que j’ai appris (ou pas) à cuisiner, faire les gâteaux, faire le ménage, rempoter une plante, tricoter, faire du crochet. Le ménage, ce n’est pas ma passion, mais il faut bien le faire. Le tricot, je n’ai jamais réussi à dépasser 10 rangées et le crochet, je ne vous en parle même pas. Mais tout ce que je sais faire dans une cuisine, c’est d’elles que je le tiens. J’utilise peu de recettes et je n’ai pas la patience pour les tuto. Ce que j’aime, c’est regarder faire, observer les petits trucs, toutes ces petites choses qu’on ne dit pas ou qu’on n’écrit pas forcément. J’aime poser des questions, discuter en même temps. Mais je crois surtout que j’aime l’ordinaire, le plat de tous les jours ou le gâteau qu’on fait avec ses enfants le dimanche après-midi, les gestes de l’habitude et du quotidien.

La plus grande différence, c’est peut-être ça finalement. Les recettes et les tuto qui marchent, c’est ceux qui sortent de l’ordinaire et qui s’adressent à ceux qui ont déjà l’ordinaire en main. Mais les autres, alors? Ceux qui veulent juste apprendre, s’approprier l’ordinaire, le banal?

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