Partager ses connaissances pour créer de la convivialité

Par Jérôme

Le partage des connaissances, au nom du plaisir de vivre ensemble.

La convivialité, c’est le plaisir de vivre ensemble, une attitude permettant l’établissement de relations amicales et équilibrées. On oublie souvent que le partage de connaissances est une occasion de créer des relations conviviales, de rompre avec la hiérarchie créée par la possession d’un diplôme ou d’une certification (je sais le faire et pas toi, donc tu es dépendant de moi).

Un philosophe bien connu des écologistes revient au goût du jour. C’est Ivan Illich (1926-2002), auteur de La convivialité. Son idée principale : la convivialité est directement liée à la manière dont l’être humain produit et contrôle ses outils. Elle est alors l’inverse du productivisme industriel (produire toujours plus en réduisant les coûts de production).

Contre l’usage démesuré et gaspilleur de la technique, Ivan Illich veut maintenir l’appareil productif à la mesure de l’homme, sous son contrôle. On produit juste pour satisfaire les besoins nécessaires. Illich propose une nouvelle organisation sociale fondée sur une « déprofessionnalisation ».

Une société conviviale est une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. « Conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil », écrit notre philosophe.

illich

Ivan Illich, Amano 1/Wikimedia [CC BY-SA 3.0]

Mieux vaut un monde où je bouge qu’un monde où l’on me transporte dans un véhicule.

Ce projet n’implique pas forcément la disparition totale des grandes institutions existantes. Il faut une organisation centralisée pour certains biens et services. De façon imagée, Illich disait qu’il vaut mieux un monde où je bouge qu’un monde où on m’enferme dans un véhicule pour me transporter. Dans le premier cas, je fais travailler la machine, dans le second je dois apprendre à la servir. Un vélo est un outil convivial, tandis qu’une voiture ou un avion ne l’est pas.

Dans la relation industrielle non conviviale, l’individu réagit aux messages émis par un autre usager, qu’il ne connaîtra jamais, ou par un milieu artificiel, qu’il ne comprendra jamais. La relation conviviale, c’est les personnes qui participent activement à la vie sociale, qui la produisent.

La productivité, c’est la production de masse fondée sur des besoins créés (par la pub, notamment). La convivialité, c’est la spontanéité et la créativité. Mais surtout, la convivialité repose sur une éthique, un ensemble de valeurs et de principes.

Tour à tour  maître et élève.

Pour parler de connaissances, maintenant, Ivan Illich affirme que l’éducation institutionnalisée transforme l’élève en réceptacle passif de connaissances (un peu comme un vase qu’on remplit). Et les institutions scolaires sélectionnent les connaissances qui reproduisent l’ordre social existant. Le diplôme, du coup, devient un instrument d’évaluation de la conformité de l’individu à l’ordre social.

Ivan Illich veut estomper la différence entre maître et élève: chacun doit pouvoir tour à tour être maître ou élève. Il proposait même d’en finir avec les programmes obligatoires et l’assiduité forcée dans les établissements du savoir.

Illich proposait même de mettre en relation, éventuellement au moyen des systèmes informatiques, les personnes détentrices d’un savoir particulier et les personnes désireuses d’acquérir ce savoir.

Ça tombe bien : c’est exactement ce que Célestine vous propose de faire dans son arrière-cuisine !

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